Comprendre les trajectoires de surendettement pour mieux les prévenir

Comment se construisent les trajectoires qui mènent au surendettement? À quels moments peut-on encore agir? Et les actions de prévention mises en œuvre produisent-elles réellement les effets attendus? À la demande du SPF Économie, l’Observatoire du crédit et de l’endettement a consacré une recherche à ces questions[1]. Menée selon une approche pluridisciplinaire, elle croise état des connaissances, données quantitatives, entretiens, analyse de trajectoires et évaluation de dispositifs de prévention. Trois rapports en présentent les résultats et proposent des pistes pour faire évoluer les mentalités, les pratiques et les politiques de prévention.

Le caractère multifactoriel du surendettement est aujourd’hui largement documenté et bien connu des professionnels du secteur. Les données disponibles en illustrent la diversité: en Wallonie, 97% des ménages suivis par un service de médiation de dettes en 2024 avaient au moins une dette hors crédit, tandis que 54% avaient au moins une dette de crédit. Les dettes liées à la vie courante (envers les pouvoirs publics, les fournisseurs d’énergie et d’eau, les prestataires de soins de santé ou les opérateurs de télécommunications) occupent ainsi une place importante dans les situations rencontrées.

Par ailleurs, si les faibles revenus constituent un facteur incontestable de vulnérabilité, le surendettement ne se limite pas aux ménages vivant sous le seuil de pauvreté: en 2024, 42% des ménages surendettés ayant recours aux services de médiation de dettes wallons se situaient sous ce seuil, contre 58% au-dessus.

Prévenir: où, quand et comment intervenir?

 L’enjeu n’est donc plus seulement d’identifier les facteurs associés au surendettement, dont beaucoup sont déjà connus, mais de mieux comprendre la manière dont ils se combinent et s’enchaînent au cours des trajectoires individuelles. Pourquoi certaines fragilités conduisent-elles à une dégradation progressive de la situation financière? Quel rôle les événements de vie jouent-ils? À l’inverse, quelles ressources (facteurs protecteurs) permettent d’éviter ou de freiner cette dégradation? Et surtout, à quels moments une intervention préventive est-elle susceptible d’agir sur l’évolution de la trajectoire?

C’est dans cette perspective que le SPF Économie a confié à l’Observatoire du crédit et de l’endettement une recherche articulée autour de deux axes complémentaires:

  • Le premier visait à mieux comprendre les facteurs de vulnérabilité et les trajectoires de surendettement afin notamment d’identifier les moments et les mécanismes sur lesquels la prévention peut agir.
  • Le second avait pour objectif d’élaborer et de tester un protocole d’évaluation de dispositifs de prévention du surendettement afin d’identifier les conditions susceptibles d’en renforcer l’efficacité.

La recherche pose ainsi deux questions étroitement liées: où et quand intervenir dans les trajectoires? Et comment intervenir de manière pertinente et efficace?

De la liste des facteurs à leur combinaison

Le premier volet de la recherche a commencé par un important travail de revue des connaissances. Près de 450 publications ont été recensées et exploitées: des ouvrages, des articles scientifiques, de la littérature grise, principalement européens mais aussi nord-américains. L’approche a volontairement été interdisciplinaire et a notamment mobilisé l’économie, la sociologie, les sciences politiques et la psychologie.

Sans surprise pour les professionnels du secteur, la littérature met en évidence une pluralité de facteurs associés au risque de surendettement. L’analyse a permis de les organiser selon quatre niveaux complémentaires:

  • Les facteurs structurels renvoient au contexte économique, social, institutionnel et législatif: précarisation de l’emploi, poids croissant des dépenses incompressibles, accès au crédit, pratiques commerciales, normes de consommation ou encore mécanismes d’accumulation des frais et intérêts;
  • Les facteurs socio-économiques concernent plus directement les conditions de vie des ménages: niveau et stabilité des revenus, situation professionnelle, âge et cycle de vie, niveau d’éducation et littératie financière, composition familiale, logement, santé ou accidents de vie;
  • À ces deux niveaux s’ajoutent les facteurs psychologiques et comportementaux qui concernent notamment le rapport au temps et au risque, le contrôle de soi, les pratiques financières, le stress ou encore l’influence des normes sociales;
  • Enfin, les facteurs liés au processus rendent compte de la dimension dynamique du surendettement: accumulation progressive des difficultés, perceptions subjectives de la situation et stratégies d’évitement.

Ces différents niveaux ne sont pas indépendants les uns des autres: ils interagissent, peuvent se renforcer ou, au contraire, se compenser au cours des trajectoires. C’est précisément cette articulation qui permet de comprendre pourquoi des ménages confrontés à des difficultés apparemment similaires peuvent connaître des évolutions différentes.

L’identification et la structuration de ces différents facteurs constituaient un préalable indispensable à l’analyse des trajectoires. La revue de la littérature a également permis de nuancer certaines représentations du surendettement et, surtout, d’élargir et d’approfondir les connaissances disponibles en Belgique en les confrontant aux résultats de recherches internationales. La plus-value de la recherche ne pouvait toutefois se limiter à dresser une nouvelle liste de facteurs: il s’agissait également de comprendre comment ceux-ci se combinent et interagissent au cours des trajectoires individuelles.

La question qui a guidé la suite de la recherche était différente: comment ces facteurs se combinent-ils concrètement au cours d’une trajectoire? Pourquoi un même événement déstabilise-t-il durablement la situation financière de certaines personnes, tandis que d’autres disposent des ressources leur permettant d’y faire face? Et qu’est-ce qui permet à certaines trajectoires de ne pas «basculer»? Pour approfondir ces résultats, la recherche s’est poursuivie par un volet qualitatif à visée exploratoire. Des entretiens semi-directifs ont été menés auprès de personnes en situation de surendettement (n’ayant pas eu recours à un professionnel de la médiation de dettes), mais également auprès de personnes présentant des caractéristiques socio-économiques proches qui, malgré des difficultés financières ou des événements de vie comparables, n’avaient pas connu de situation de surendettement. Cette approche comparative visait à reconstituer leurs trajectoires et à comprendre ce qui pouvait expliquer leur évolution différente: quelles fragilités étaient présentes au départ? Quels événements sont intervenus? Comment les personnes y ont-elles réagi? De quelles ressources ou formes de soutien ont-elles disposé (ou non)?

L’objectif n’était donc pas de mesurer statistiquement le poids respectif des différents facteurs, mais d’observer comment ceux-ci s’articulent et s’enchaînent dans le temps, et d’identifier les éléments susceptibles de précipiter, de freiner ou d’éviter une trajectoire de surendettement et des points de bascule susceptibles d’éclairer la prévention.

Le surendettement comme trajectoire

Les entretiens confirment largement les facteurs identifiés dans la littérature, mais permettent surtout de voir comment ils s’articulent dans le temps.

Trois catégories ont été distinguées. Les facteurs fragilisants construisent ou accentuent progressivement une vulnérabilité: précarité professionnelle, faibles revenus, difficultés administratives, absence de transmission de certaines compétences financières, fragilités familiales ou psychologiques, par exemple. Les facteurs précipitants correspondent davantage aux événements susceptibles d’accélérer la dégradation: séparation, perte d’emploi, problème de santé, décès, rupture de logement… Enfin, les facteurs protecteurs peuvent stabiliser la situation ou limiter le risque: soutien de l’entourage, compétences acquises, épargne, accès aux droits, accompagnement professionnel ou capacité à demander de l’aide.

Il ne s’agit évidemment pas d’une mécanique. Une séparation ou une perte d’emploi ne «cause» pas en soi le surendettement. Son effet dépend de la situation qui précède l’événement, des autres fragilités éventuellement présentes, des ressources dont dispose la personne et du moment où celles-ci peuvent être mobilisées. C’est là que l’approche par trajectoires prend tout son sens. Elle permet de comprendre le surendettement comme un processus fait d’accumulations, de ruptures, de réactions et parfois d’une absence de ressources protectrices, plutôt que comme l’aboutissement d’une cause isolée.

La recherche a également mobilisé des «paires miroir»: des personnes partageant certaines caractéristiques ou expériences, mais dont les situations financières ont évolué différemment. L’objectif n’est pas d’établir une causalité, mais d’interroger ce qui différencie leurs parcours.

Prévenir au bon moment

Ce changement de perspective a une conséquence directe pour la prévention: plutôt que de chercher uniquement qui serait «à risque», il invite à identifier les moments au cours desquels une trajectoire peut encore être infléchie.

Certains moments de vie ou de rupture apparaissent comme particulièrement propices à une intervention préventive: premier logement, séparation, perte d’emploi, maladie, décès, début d’une activité indépendante ou premiers retards de paiement. Ces résultats interrogent une prévention pensée principalement en termes de publics cibles.

L’approche par trajectoires invite à déplacer le regard vers les moments où les vulnérabilités apparaissent, se cumulent ou s’accentuent et où une intervention peut être particulièrement pertinente. Elle conduit également à élargir le champ des acteurs de la prévention aux professionnels susceptibles d’entrer en contact avec les personnes à ces moments clés.

La question n’est donc plus seulement de savoir quels publics cibler, mais aussi à quels moments des trajectoires intervenir.

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Mais savons-nous si nos actions de prévention fonctionnent?

 La deuxième question de la recherche concernait l’efficacité de la prévention. Pour y répondre, l’Observatoire a d’abord réalisé une revue de la littérature consacrée à l’efficacité des dispositifs d’éducation financière et de prévention afin d’identifier les mécanismes par lesquels une intervention est susceptible de produire des effets. Les travaux analysés montrent notamment que les effets sont relativement bien établis sur les connaissances, mais beaucoup plus incertains sur les comportements et que le passage à l’action dépend également de mécanismes psychologiques et sociaux, des contraintes économiques et du contexte dans lequel intervient l’action.

Sur cette base, un cadre d’analyse spécifique a été construit pour la recherche. Il s’appuie à la fois sur les modèles de l’éducation financière et sur plusieurs théories du changement de comportement. L’objectif était de dépasser une conception linéaire selon laquelle l’acquisition de connaissances conduirait mécaniquement à une modification des pratiques.

Le modèle retient ainsi plusieurs dimensions intermédiaires permettant d’apprécier les effets d’une action: les connaissances, les attitudes, les intentions d’agir et les comportements financiers déclarés. Il prend également en compte les mécanismes cognitifs et psychosociaux susceptibles de favoriser le changement, ainsi que les caractéristiques des participants et les conditions concrètes de mise en œuvre des dispositifs. Ces dimensions ne constituent pas une mesure directe de la prévention du surendettement, mais des indicateurs (ou «proxys») de changements susceptibles de réduire la vulnérabilité financière.

Ce cadre théorique a ensuite été traduit en un protocole d’évaluation et mis à l’épreuve sur le terrain. Un recensement préalable des actions de prévention destinées aux adultes en Belgique avait permis d’identifier près d’une centaine d’animations auprès de 18 organismes. Deux dispositifs ont ensuite été sélectionnés par le commanditaire pour une évaluation exploratoire approfondie. Sept sessions et 43 participants ont été suivis, en combinant questionnaires avant et après les animations et, lorsque cela était possible, trois mois plus tard, observations directes et entretiens. L’évaluation visait à apprécier l’efficacité des dispositifs, leur valeur ajoutée perçue et la durabilité de leurs effets.

L’objectif n’était donc pas d’attribuer à une animation de quelques heures un effet causal sur le risque de surendettement, mais de construire et de tester une méthode permettant d’identifier ce qui évolue à la suite d’une intervention, auprès de qui, dans quelles conditions et avec quelle persistance dans le temps.

Savoir ne signifie pas nécessairement agir

Les résultats de l’évaluation rejoignent un constat bien établi dans la littérature: les effets des actions d’éducation financière sont plus facilement observables sur les connaissances que sur les comportements. Les dispositifs étudiés montrent ainsi des évolutions positives en matière de sensibilisation et de connaissances, tandis que les changements de pratiques apparaissent plus difficiles à établir et à maintenir dans le temps. Cette différence confirme l’intérêt d’une évaluation qui ne s’arrête pas à la seule acquisition de connaissances, mais distingue connaissances, attitudes, intentions d’agir et comportements.

L’analyse qualitative permet d’aller plus loin en éclairant les conditions dans lesquelles ces évolutions peuvent (ou non) se traduire dans les pratiques. Le climat de confiance et de non-jugement, le caractère interactif de l’animation, son ancrage dans des situations concrètes et son adaptation aux participants apparaissent comme des éléments importants. À l’inverse, la brièveté des interventions et leur caractère souvent ponctuel, sans inscription dans un parcours ni possibilité de suivi, limitent les possibilités de mise en pratique, de consolidation des acquis et d’accompagnement du changement dans le temps.

Ces résultats interrogent dès lors aussi les critères mobilisés pour apprécier une action de prévention. La satisfaction des participants ou l’acquisition de connaissances constituent des informations utiles, mais ne permettent pas, à elles seules, de conclure à son efficacité. Évaluer suppose de préciser ce que l’action cherche à modifier, d’observer les différentes étapes susceptibles de conduire au changement et, lorsque cela est possible, de vérifier si les effets se maintiennent dans le temps.

Pour une prévention mieux ciblée et mieux évaluée

L’analyse des trajectoires montre que la vulnérabilité évolue dans le temps, sous l’effet de l’articulation entre facteurs fragilisants, événements précipitants et ressources protectrices. L’évaluation des dispositifs montre, quant à elle, qu’une intervention ne produit pas les mêmes effets selon les caractéristiques des participants, leur disposition au changement, les contraintes auxquelles ils sont confrontés et les modalités de l’action.

Le croisement des deux axes conduit ainsi à déplacer une partie de la prévention d’une logique centrée principalement sur des publics cibles vers une logique attentive aux trajectoires et aux moments de vulnérabilité. Il ne s’agit pas d’abandonner le ciblage de certains publics, mais de le compléter: identifier les moments où les fragilités apparaissent ou se cumulent, repérer les acteurs qui entrent alors en contact avec les personnes et adapter la nature de l’intervention au besoin identifié.

La recherche invite également à mieux expliciter ce que l’on attend d’une action de prévention. Informer, accroître les connaissances, modifier une attitude, susciter une intention d’agir, favoriser un changement de comportement ou orienter vers un accompagnement ne constituent pas des objectifs équivalents et ne peuvent être évalués de la même manière. Le cadre développé dans la recherche permet précisément de relier objectifs, mécanismes de changement, caractéristiques des publics, modalités d’intervention et indicateurs d’évaluation. C’est sur cette base que peuvent être pensés des dispositifs moins ponctuels, davantage inscrits dans la durée lorsque cela est nécessaire et évalués au regard des effets qu’ils cherchent effectivement à produire.

Enfin, ce travail met en évidence un enjeu qui dépasse l’évaluation de chaque dispositif pris isolément: la capacité à piloter une politique de prévention sur la base de données partagées. Le rapport recommande notamment de mieux identifier les données existantes sur les difficultés de paiement, leurs producteurs et leurs limites, puis de progresser vers un socle commun d’indicateurs. L’objectif est de pouvoir mieux documenter l’évolution des difficultés financières, orienter les priorités de prévention et, à terme, apprécier les effets des politiques mises en œuvre.

Les recommandations issues de la recherche ont dès lors été structurées et opérationnalisées en tenant compte notamment de leur impact attendu, de leur faisabilité, de leur horizon de mise en œuvre, des acteurs susceptibles de les porter et du niveau de pouvoir compétent. La recherche ne débouche donc pas uniquement sur des principes généraux de prévention, mais sur des pistes concrètes, conçues pour faciliter leur traduction en actions.

Recommandations et pistes d’action

Le croisement des deux volets de la recherche, complété par les groupes de travail menés avec les professionnels, a conduit à retenir un nombre limité de recommandations directement articulées aux résultats des études et susceptibles d’être traduites en actions. Elles sont organisées autour de quatre axes complémentaires, correspondant à différents niveaux et moments d’intervention:

  • Le premier axe vise à renforcer la prévention en amont et aux moments de vulnérabilité. Trois leviers sont proposés: intégrer une éducation financière obligatoire, progressive et récurrente dans les parcours scolaires, développer, à l’échelle belge, des check-lists de prévention financière associées aux principales transitions et accidents de vie et les diffuser par l’intermédiaire des professionnels en contact avec les personnes à ces moments clés et, enfin, développer des mécanismes d’alerte précoce en cas d’impayés répétés ou cumulés et imposer aux créanciers une information claire sur les solutions mobilisables ainsi qu’une diversité de canaux permettant au débiteur d’entrer effectivement en contact avec eux;
  • Le deuxième axe porte sur le cadre juridique et les pratiques des créanciers. Il propose de renforcer l’encadrement des nouvelles formes de crédit, d’assouplir le principe d’immutabilité des contrats de crédit à la consommation et de modifier et généraliser les règles d’imputation des paiements afin que ceux-ci permettent prioritairement de rembourser le capital plutôt que les frais et intérêts;
  • Le troisième axe concerne l’accompagnement dès les premières difficultés financières. Il recommande de structurer et renforcer l’offre de guidance et de gestion budgétaire, mais aussi de soutenir des dispositifs locaux intégrés d’information et d’orientation. Ces derniers auraient notamment pour fonction de mieux coordonner les acteurs sociaux, de la santé, du logement, de l’emploi et de l’accompagnement financier, aujourd’hui encore trop souvent organisés en silos et de fluidifier l’orientation des personnes;
  • Enfin, le quatrième axe porte sur le pilotage même de la prévention. Il vise, d’une part, à structurer, évaluer et renforcer les pratiques de prévention du surendettement et, d’autre part, à améliorer la production, la centralisation et l’utilisation des données relatives aux difficultés financières. Aujourd’hui dispersées, ces données permettraient notamment de mieux détecter l’évolution des fragilités, d’orienter les priorités et d’évaluer les politiques mises en œuvre.

À la demande du commanditaire, ces recommandations n’ont pas été formulées comme un simple catalogue de mesures. Le rapport de synthèse les accompagne d’une matrice d’aide à la décision.

La mise en œuvre de ces recommandations suppose également de mieux structurer et coordonner la politique de prévention du surendettement. Les initiatives existantes sont nombreuses, mais elles sont portées par une diversité d’acteurs, de secteurs et de niveaux de pouvoir. La création d’un axe national coordonné de prévention du surendettement permettrait de définir des priorités communes, de mieux articuler les interventions, de favoriser le partage des pratiques et des données et de développer une culture commune de l’évaluation, afin de donner davantage de cohérence et de continuité aux dispositifs existants.

La prévention ne constitue toutefois qu’un des volets de la lutte contre le surendettement. Une politique cohérente de lutte contre le surendettement suppose dès lors de travailler simultanément sur la prévention, le recouvrement de dettes[2],[3] et le traitement des situations de surendettement, plutôt que de les réformer séparément.

Cette approche globale suppose enfin de ne pas assimiler surendettement et pauvreté. Les politiques de lutte contre la pauvreté et de lutte contre le surendettement doivent donc s’articuler sans se confondre, en conservant des objectifs, des dispositifs et des réponses adaptés aux réalités auxquelles elles entendent répondre.

Caroline Jeanmart,
sociologue et directrice de l’Observatoire du crédit et de l’endettement

Trois rapports, trois portes d’entrée

La recherche a donné lieu à trois rapports complémentaires publiés par le SPF Économie. Le premier approfondit les facteurs de vulnérabilité et les trajectoires de surendettement, le deuxième présente le cadre et le protocole développés pour évaluer les dispositifs de prévention, leur mise à l’épreuve sur le terrain et les enseignements qui en découlent, le troisième croise les résultats des deux axes et les traduit en recommandations opérationnelles. Un rapport de synthèse est disponible en français et en néerlandais. Ils sont accessibles gratuitement sur le site du SPF Économie.

[1] E. Dehon, économiste, a assuré la conduite de la recherche, sous la coordination de C. Jeanmart, sociologue. M. Auffray-Seguette, sociologue, a contribué au volet consacré aux trajectoires de surendettement, tant pour la revue de la littérature que pour la réalisation et l’analyse des entretiens. S. Thibaut, juriste, a contribué à l’analyse du cadre réglementaire, à l’élaboration des recommandations ainsi qu’à la rédaction du rapport de synthèse.

[2] Recommandations-RJ-juillet-2026-CAMD-OCE-SAM-BAPN—Final.pdf

[3] Recommandations-RA-juillet-2026.pdf